La vie au Domaine de l'Aya - Une Chute Mortelle !

- Hé ! Arrête, tu veux ? Haha, ça chatouille !
Elle me répondit avec un hennissement sonore. Plume, ma ponette, dont je suis propriétaire depuis maintenant un an, est en train de me lécher la main pour récupérer le plus de bouts de pommes. Je suis en train de la préparer pour une promenade. Moi, je m'appelle Cathy, mais on me surnomme Cat, j'ai 12 ans et il y a deux semaines, j'ai passé mon galop 2 haut la main avec Kalinka, une ponette Fjord appartenant au club. J'étais d'ailleurs déçue de n'avoir pas pu le passer avec Plume. Pendant que je rêvasse, Plume pique, dans mon sac, une autre pomme, je la surprends.
- Coquine ! Tu n'en auras plus en revenant de la balade, je lui glisse gentiment. Ensuite, je ressangle Plume, qui me fait comprendre, en tapant du pied, qu'elle n'aime pas ça.
- Je sais, ma belle, tu n'aimes pas ça, mais arrête !

Quand je finis, je lui tapote l'encolure et grimpe sur son dos. On part pour une petite balade. On traverse d'abord une petite forêt, proche de la plus grande, qui longe les prés du club. Plus loin, la forêt se termine, et on peut apercevoir maintenant les prés des propriétaires. On les longe. Plume renâcle à la vue de son pré et de ses compagnons ; Sarrasin, Princesse et India.
Je la lance au galop, pour s'en éloigner. Bientôt, en pleine campagne, on arrive sur une plaine déserte. Mais je sais que le terrain appartient au domaine de l'Aya, mon club. Je calme Plume et l'arrête, pour qu'elle reprenne des forces.
Quelques minutes plus tard, je remonte sur son dos. Puis je la fais marcher un peu. Tout à coup, un coup de feu éclate. Plume prends peur, s'emballe et part au galop. Quand j'eus enfin finis de la calmer, un autre coup de feu éclate, puis encore un autre, et un autre. Ça n'en finis plus. Plume roule des yeux, affolée par tant de vacarme.
- Ho là, Plume ! Chut, calme-toi... je lui chuchote, de ma voix tremblotante.

Mais elle ne m'écoute plus. Elle galope, se cabre, rue. J'essaie tant bien que mal de rester en selle. Soudain, en galopant, elle met son membre dans un petit terrier de lapin. Et tombe. En m'emportant avec elle.
- NON !!! je crie.


Quelques heures plus tard...


Après l'auscultation, le verdict tomba.

- Je suis désolée, Cathy... me dit le vétérinaire tristement, en regardant Plume.

Sans aide, je compris ce qu'elle voulait dire. Ils allaient piquer Plume. Je ne la monterai plus jamais.
-Non, je ne veux pas ! Ne la piquez pas... s'il vous plaît... dis-je au vétérinaire en pleurnichant.
- Non, Cathy ! Ne t'inquiète pas, on ne va pas piquer Plume. Mais tu ne pourra plus la monter non plus. Il va falloir la placer en maison de retraite pour chevaux... me répondit-elle.
- Ah... Obligatoirement ? Je demande avec une lueur d'espoir.
- Oui, Cathy, je suis désolée, mais c'est pour le bien de Plume. Sinon, on peut toujours la piquer.
- NON. dis-je fermement, en surprenant tout le monde. Je veux qu'elle continue de vivre ! Elle est encore jeune ! Je pourrait au moins la voir, là-bas ?
- Bien sûr, Cathy, me rassura mon père, à la place de Mme Le Kergoz, la vétérinaire. On t'emmènera la voir tout les week-end.
Je me sens soulagée. Mais coupable, c'est moi qui est voulu aller faire une balade, après tout. Et ces foutus chasseurs ! Dans ma tête, je repense à mille façons dont j'aurais pu éviter ce drame. Et je me sens nulle. Impuissante. Je savais que Plume était peureuse, j'aurais dû partir tout de suite ! Qu'est-ce que je suis bête parfois !
- Hé oh ! Cathy ? Tu rêves ? m'apostrophe ma mère, Ah ! C'est bon, tu m'écoute ?
Je réponds oui de la tête, distraitement.
- Alors, et toi ? Tout va bien, hein, tu en es toujours sûre ? Tu n'as pas eu de choc à la tête ? Au dos ?
Aux jambes ? Aux bras ?
- Non ! je réponds agacée, ça fait au moins dix fois que je te le dis ! Tu m'écoutes des fois ?! là, j'étais vraiment énervée. Contre moi. Contre tout le monde.
Rentrée chez moi, je monte directement dans ma chambre, et l'heure du diner arrivée, je refuse de manger. Ma mère me dit qu'elle est là si je veux parler, mais je n'en ai pas envie. Je sens mes parents inquiets pour moi, et cela me mets aussi en colère, je suis grande ! La semaine passe, mon traumatisme m'interdit d'aller au club, pour mon cour, je reste donc dans ma chambre tout l'après-midi. Je suis tellement triste que le week-end arrivé, je refuse d'aller voir Plume. Mais mes parents m'y obligent, croyant que cela me ferait du bien. Ils avaient tort. Dès que j'aperçois Plume, je me mets à pleurer. Je vais la caresser. Mais la tristesse me submergea, et je parti en courant, vers la voiture, en pleurant à chaudes larmes. On repart. Je me dit encore que tout est de ma faute... Qu'on en serait pas là, si j'avais mieux réagi... Mais c'est fait, et on ne peut plus remonter le temps... Malheureusement.
Le Mercredi d'après, je consens à aller à mon cour. C'est avec une moue triste que je prépare Kalinka. Mes parents ont prévenu le moniteur de ma chute, et de mon traumatisme. Le cour commence. Je parle un peu à Marie, mon amie de toujours, elle monte Ice Tea, son ancien poney préféré. Elle me dit même qu'elle en a marre de sa lenteur, alors qu'avant, ça lui convenait parfaitement. Elle a beaucoup changé depuis un mois, elle se croit meilleure qu'avant, quand elle se sous-estimait. Ça me fait du bien de parler à quelqu'un d'autre que mes parents. On parle un peu de ma chute, mais Marie voit que ça me rend triste et change de sujet. Le cour se passe a peu près bien. Le moniteur me rassure beaucoup avant que je fasse du galop, mais j'ai beaucoup monté Kalinka, et je l'aime bien, donc je n'ai pas eu trop peur.
Après avoir ramené Kalinka au pré, ma mère arrive et me demande si tout c'est bien passé, j'acquiesce. Elle me félicite beaucoup. Après ce cour j'allais un peu mieux, et le week-end arrivé, je suis allée voir Plume avec joie. On accepta que je la brosse. Et que je la chouchoute. Ça me faisait un bien fou de la voir, même si je ne pouvait pas la monter. Depuis ce jour, ma joie revenue peu à peu.



Après tout, une relation avec un équidé ne se fait pas que sur son dos, mais surtout en prenant soin de lui, en le brossant, en lui donnant à manger et en le câlinant.



By Horse4ever56

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